J’avais 10 ans en 1929, à la fin d’une période de grande prospérité mondiale. En octobre 1928, les financiers spéculateurs de Wall Street provoquèrent un krach boursier qui généra une crise économique mondiale !

Le chômage de masse qui en résulta était un phénomène nouveau et contrairement à ce qui existe de nos jours, aucune aide d’État n’était prévue. Seul l’entraide familiale ou le secours des associations caritatives comme l’Armée du Salut existait. Dans certaines rues on distribuait de la soupe aux employés, ouvriers et cadres qui avaient faim !

En 1928, Hitler avait obtenu 2,8% de voix aux élections et les politologues déclaraient qu’il était fini ! Par une ironie de l’histoire, ce sont ses pires ennemies, les spéculateurs de Wall Street, qui le sauvèrent grâce aux 4 millions de chômeurs allemands victimes de la crise mondiale.

Adolphe Hitler était un homme du peuple, simple et sincère, qui ne recherchait pas la vie luxueuse que procure le pouvoir. C’était un homme d’action qui se révéla un orateur exceptionnel. Profitant de l’impuissance des politiciens, il fut nommé en 1933 Chancelier du Reich et commença aussitôt à organiser de grands travaux (autoroutes, nettoyages des forêts, etc.), ce qui résorba le chômage. Il n’était pas démagogue mais voulait sincèrement l’amélioration de la vie du peuple. C’est ainsi qu’ayant remarqué que seuls les bourgeois avaient une automobile, il eut l’idée de faire une voiture pour le peuple, la Volkswagen. Malheureusement, ses ambitions militaires allaient tout détruire et son anti-sémitisme maladif lui coûter la victoire finale.

Quelques années avant la guerre, j’allais avec mes parents passer quelques jours de vacances en septembre dans une propriété de la sœur de mon grand-père maternel. Elle avait été professeur et lui inspecteur des écoles.

La maison, située dans le Périgord Noir, était fort belle et la région, non loin de Sarlat, était riche. Cependant, il n’existait ni électricité ni eau courante. On se contenait de l’eau d’un puis situé à 100 mètres de la maison. Les habitants se déplaçaient en voitures à cheval. Les forêts de châtaigniers étaient magnifiques et il n’existaient pas de clôtures comme de nos jours. La liberté d’y circule était totale et l’on pouvait y trouver de magnifiques cèpes.

A cette époque, en France à partir du mois de juin, passereaux, papillons, sauterelles, libellules, grillons pullulaient. Je vis actuellement dans le Perche (Orne) en pleine campagne et je ne vois presque plus d’oiseaux. Quant aux insectes — grillons, sauterelles, coléoptères — ils ont disparu. C’est le calme moderne où, grâce aux pesticides, seuls les plantes que l’on a semées doivent exister, toute le reste — mauvaises herbes, insectes, oiseaux — doit disparaître.

Je me souviens que dans le jardin de ma tante, il y avait, accrochés aux buissons, un grand nombre d’araignées épeires dont j’admirais leur technique pour construire leur toile. J’y jetais des sauterelles que l’araignée emmaillotait pour la déguster plus tard. Mais tout cela a disparu !

Quant aux poissons dans nos rivières que sont devenus les fritures de goujons que l’on pouvait déguster dans les guinguettes au bord de la Marne ? De nos jours, seuls les productions de l’esprit, la culture, doivent être préservées au détriment de la nature qui doit être exploitée jusqu’à sa disparition.

Pour tous leurs travaux, les paysans du Périgord utilisaient de magnifiques bœufs par paire. Cette société où tout le monde se connaissait plus ou moins me paraissait heureuse. L’est-elle d’avantage de nos jours ?

Que pourrait observer de nos jours le grand entomologiste Henri Fabre qui mourut en 1915 après avoir fait des observations remarquables ? La plupart des insectes dont il décrit les mœurs ont disparu !

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