Jusqu’au XVIIIe siècle, la France avait adopté le droit du sang. (« Bon sang ne saurait mentir », disait-on.) On croyait aux vertus innées plus qu’aux vertus acquises, et c’est pourquoi paysans, artisans et nobles ne se mariaient que dans leur classe sociale.

Jusqu’à la dernière guerre, les Français parlaient couramment de « nos ancêtres les Gaulois », que l’on se représentait plutôt blonds aux yeux bleus. On ne disait pas que les Français étaient de race blanche, tant cela paraissait évident pour tous. Cela n’était d’ailleurs pas du racisme qui consiste à hiérarchiser les races, alors que l’on se contentait de les distinguer.

Ainsi, jusqu’au XVIIIe siècle, les Français avaient adopté le droit du sang, c’est-à-dire la primauté de l’inné sur les acquis. Montaigne ne disait-il pas qu’il préférait les têtes bien faites aux têtes bien pleines ? Or c’est de naissance qu’on a la tête bien faite et grâce à la culture qu’on la remplie. Au cours du siècle des Lumières, Condorcet déclarait que les seules différences entre les être humains venaient de leur éducation. C’était le droit du sol remplaçant celui du sang. Dès lors, les enfants d’immigrés étaient d’aussi authentiques Français que ceux dont les ancêtres vivaient en France depuis des siècles.

La primauté du savoir-faire fut remplacé par celle du savoir-dire.

Monsieur Sarkozy descend d’une très bonne famille hongroise. Alors qu’il était Président de la République, l’immigration fut très importante. Il avait d’ailleurs pris pour ministres une Marocaine et une Africaine, non pour leurs compétences qui se révélèrentt insuffisantes, mais pour montrer son choix pour l’immigration.

Le 17 décembre 2008, il déclarait à l’École polytechnique :

« L’objectif, c’est de relever le défi du métissage que nous adresse le XXIe siècle. Ce n’est pas un choix, mais une obligation. C’est impératif ! »

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