Deux magazines de renom, l’un de gauche – Le Nouvel observateur – et l’autre de droite – Valeurs actuelles – viennent de publier un hors-série consacré aux cathédrales.

Celles-ci y sont bien photographiées et décrites par des spécialistes. Cependant, l’étude de leur conception et de leur construction est très brève.

À cette époque, il existait deux moyens de communiquer entre Européens : le latin pour les intellectuels se trouvant pratiquement tous dans le clergé et, d’autre part, le dessin pour les artisans. Il est impossible de construire une cathédrale sans la concevoir et la dessiner. C’était un travail exclusivement dévolu à certaines corporations dont le maître d’œuvre faisait fonction d’architecte. Choisi dans sa corporation pour ses talents d’artisan, il portant sur son tablier les insignes de son grade – la règle, l’équerre, le compas -, permettant de dessiner et d’établir les plans.

L’homme d’action s’occupe d’abord de « l’intendance », c’est-à-dire des moyens dont il dispose avant d’établir ses plans. Celui qui dit « L’intendance suivra » n’est pas un homme d’action.

Les évêques du Moyen Âge ne sachant pas dessiner et ne connaissant pas les techniques de construction, ne pouvaient concevoir leurs cathédrales. Par contre, ils connaissaient tous les symboles représentés par les artisans.

Ces réalisations merveilleuses, conçues et réalisées par des artisans incultes, avec des outils primitifs, ont de quoi stupéfier. Là était le génie !

Malheureusement, ils ont disparus sans laisser leurs noms.

Pourquoi, brusquement, tant de cathédrales furent-elles édifiées ?

De nos jours, villes, entreprises, princes arabes veulent montrer leur puissance en édifiant des gratte-ciel toujours plus haut et prestigieux.

On ne peut se demander si nos évêques du Moyen Âge, parmi d’autres motivations nobles et généreuses, n’avaient pas aussi cette volonté de « paraître ».

Share This