Le progrès serait un changement en mieux continu et indéfini. Il concerne soit ce que nous consommons et utilisons, soit les moyens de les produire.

Le progrès est fait d’innovations généralement imprévisibles. Comme toute espèce animale, l’homme primitif était limité en nombre par la nourriture disponible. L’invention de la culture de plantes nourricières et de l’élevage de gibier allait permettre à l’espèce humaine de proliférer.

Dans la nature, les animaux s’efforcent de rester dans le même environnement biologique, de génération en génération. Ils évitent également tout métissage.

Il en fut ainsi pour notre classe paysanne (90 % de la population) jusqu’au XVIIIe siècle, qui refusait toute innovation et tout mariage hors sa classe sociale.

Cependant, au XIXe siècle, les paysans se laissèrent séduire par le progrès : tracteurs, moissonneuses-batteuses, engrais chimiques, pesticides… moins de fatigue et plus de profit. Cependant, de nos jours, ils sont moins de 2 % et parmi les plus malheureux ; on les accuse de polluer nos rivières et l’air que nous respirons.

Non seulement jusqu’au XVIIIe siècle notre paysannerie refusait le progrès mais un écrivain génial comme Jean-Jacques Rousseau écrivait :

« Dans tout ce qui dépend de l’industrie humaine, on doit proscrire avec soin toute machine et toute invention qui peut abréger le travail, épargner la main-d’œuvre et produire le même effet avec moins de peine ».

Cependant, au XIXe siècle, l’invention des moteurs et des machines-outils remplaçant le travail humain, celui des chevaux, des bœufs, du vent, des cours d’eau, fit espérer que ces progrès considérables allaient nous apporter le bonheur. Voici ce qu’écrivait Victor Hugo : « L’éclosion future, l’éclosion prochaine du bien-être universel est un phénomène divinement fatal ».

En fait, le progrès dans le domaine de la production de tout ce que nous consommons et utilisons est un destructeur d’emplois.

En outre, le Capitalisme Financier vivant surtout de la plus-value des entreprises qu’il possède, pousse à l’innovation pour rendre obsolète et démodé tout ce que nous possédons. La publicité nous incite à les remplacer et le crédit nous y aide. Ce gaspillage, cette surconsommation, se fait à partir de ressources qui s’épuisent. C’est de la pure folie.

Il est bien clair que pour pécher 10 kilos de poisson, ou récolter 10 kilos de blé ou fabriquer une table, il faut beaucoup moins de main-d’œuvre de nos jours qu’il y a un siècle.

Chaque entreprise industrielle, agricole, de commerce ou de service cherche à remplacer le travail salarié par une machine. L’entreprise n’embauche que si son chiffre d’affaires augmente durablement.

Dès lors, pour éviter le chômage, il faut augmenter la consommation, soit par le gaspillage, soit par l’augmentation de la population. Mais ces deux méthodes qui sont utilisées actuellement sont aussi mauvaises l’une que l’autre car elles utilisent des ressources naturelles qui s’épuisent. On dit que dans 40 ans nous n’aurons plus de poissons en mer.

Jusqu’au XVIIIe siècle, en France et l’Europe étaient formés à 95 % de paysans et d’artisans. Ceux-ci ne cherchaient pas à faire grossir leur patrimoine pour le revendre avec profit. A l’intérieur de leurs corporations, l’entraide était de règle alors que, de nos jours, chaque entreprise espère la disparition de son concurrent et se réjouit secrètement de ses ennuis.

Autrefois l’outil de travail appartenait à la lignée familiale. C’était un bien inaliénable à titre onéreux, alors que de nos jours sa revente après grossissement est la principale source de profits pour le Capitalisme Financier.

Accroissement de la population et innovation mènent l’humanité à sa perte !

Seul le retour au conservatisme naturel, au refus de toute innovation, et une politique de dénatalité peuvent sauver l’humanité.

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