Avant-propos

quel avenir pour humanite

 

Après avoir visité des tribus d’Amazonie dont les mœurs n’avaient pas évolué depuis des siècles, l’éminent anthropologue Claude Lévi-Strauss écrivit :

« Si le propre de l’homme est l’historicité, quel statut convient-il d’attribuer à ces sociétés « sauvages » dont tout indique qu’elles ne sont pas entrées dans le monde de l’histoire, donc dans le monde spécifiquement humain de la « perfectibilité » et de l’arrachement à la nature ? Ne faut-il pas se résoudre à les ranger du côté de l’animalité et les comparer, parce qu’elles sont sans histoire aux ruches et aux termitières qui sont, au bout de mille, ans, ce qu’elles étaient la première année de leur mille ans. »

Dans son récent ouvrage Quel avenir pour l’humanité, Maxime Laguerre approuve le texte de Claude Lévi-Strauss, tout en proposant son explication sur les causes de l’arrachement à la nature de l’espèce humaine.

Tous les êtres vivants sont capables d’évoluer et cette capacité leur permet de s’adapter à l’évolution de leur environnement biologique appelé biotope. Si celui-ci est immuable, l’être vivant n’évolue pas.

L’être humain, à la différence de tous les animaux, est sensible à l’image et il est capable de concerétiser ce qu’il imagine, d’innover. Il semble que les premières innovations humaines furent les peintures d’animaux sur les parois de cavernes, l’élevage et la culture. Le nombre d’individus comportant chaque espèce étant limité par la nourriture disponible, l’invention de l’élevage et de la culture a fait exploser le nombre d’êtres humains et rendu possible sa domination sur le reste des êtres vivants.

L’innovation est imprévisible. Son adoption est généralement libre et ses conséquences sont multiples et inconnues. Elles sont d’ordre de la santé, de l’économie, des mœurs

Longtemps on a cru que le progrès était un changement en mieux. Victor Hugo annonçait la venue d’un bien-être universel « divinement fatal ». Qu’en est-il de nos jours où l’on ne peut résorber le chômage et où l’on voit apparaître des maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson) dont on ne sait ni l’origine ni comment les guérir ?